LA SYRIE EXPLIQUEE AUX COPAINS

Le plus important à retenir sur la Syrie, c’est que la nourriture y est trop bonne. Les Libanais sont des pros du marketing et des grands voyageurs (seulement trois millions des 17 millions de Libanais vivent au Liban) donc tout le monde pense que la nourriture libanaise est la meilleure.

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Que nenni. Le plus délicieux houmous se mange à Damas, Alep et à Homs.
Mais, comme dirait mon copain Laurent, « Est-ce de bon goût de le rappeler alors que les gens dans les zones rebelles notamment Alep crèvent littéralement de faim à cause de la stratégie du Régime de Bachar El Assad ? ».

Maintenant que la vérité est rétablie, commençons :

La Syrie est un grand pays. 22 millions d’habitants (en 2012). Avec une répartition religieuse/ethnique, à peu près, comme suit :

60 à 70% de sunnites (15 millions)

Le sunnisme est le courant disons ‘mainstream’ de l’islam. La très grande majorité (85%) des musulmans dans le monde est sunnite. Les seuls pays à majorité chiite sont l’Iran (90%), l’Irak (60% de chiites), l’Azerbaïdjan et Bahreïn. Il y a aussi de grosses minorités de chiites au Liban (souvenez-vous en parce que l’on va parler du Hezbollah plus tard), au Pakistan, en Inde, au Yémen, en Afghanistan, en Turquie et en Arabie Saoudite (Wouf, je les plains!).

Les musulmans que l’on connaît, ici en Belgique, sont souvent sunnites. Car la majorité des musulmans de Belgique sont d’origine marocaine et turque, des pays majoritairement sunnites.

Le schisme (séparation) entre islam sunnite et chiite date de très tôt dans l’islam – du tout début en fait -. A cause d’une bagarre de succession (comme il y en a dans toutes les bonnes familles). Les chiites auraient voulu que ce soit Hassan, le fils du quatrième calife Ali, le gendre du prophète, mari de sa fille chérie-adorée Fatima, qui devienne le successeur de Mohamed. Alors que les sunnites, eux, ont choisi Muawiya, l’homme fort du moment comme cinquième calife.

Depuis cette date, ils ne sont pas trop copains (euphémisme ! Ils se font actuellement la guerre dans pas mal de pays).

Plus pratiquement, voici quelques différences entre chiites et sunnites :

– Les chiites ont un clergé très structuré tandis que les sunnites non (c’est d’ailleurs le grand souci dans la création d’un« islam belge » dont rêvent les politiques parce qu’il n’y a pas d’interlocuteurs officiels ou même légitimes).

– Les chiites pratiquent l’auto-châtiment corporel (ça nous rappelle nos ‘copains’ de l’Opus Dei) lors du rite annuel d’Achoura. Ce que les sunnites (et éventuellement nous) trouvent trop trop bizarre.

– En ce qui concerne les prières, tout le monde doit prier 5 fois par jours. Mais les chiites sont autorisés à ne prier que trois fois.

– Et enfin (et c’est le plus important), les chiites (comme la religion s’est développée le plus souvent comme une religion de minorités/opprimés) reconnaissent la pratique de la taqiya, c’est à dire la dissimulation. Ce qui signifie qu’il est permis à un chiite, se trouvant dans un milieu hostile, de mentir à propos de sa foi. Cette ‘autorisation de mensonges’, va faire dire à de nombreux sunnites, que les chiites sont de ‘gros hypocrites’.

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Dans les deux religions, chiites et sunnites, il y a des modérés et des extrémistes (y a même pas mal de laïques). Dans la version sunnite modérée on a, par exemple, l’islam marocain, et la version la plus trash: Daech. Du coté chiite, on a, par exemple, d’un coté, les poupées-faux-seins-fausses-lèvres des boites de nuit de Beyrouth, et de l’autre certains ayatollah iraniens qui trouvent que 8 ans, c’est un bon âge pour se marier quand on est une fille.

10% d’alaouites (2,5 millions)

Les alaouites sont une variation lointaine de l’islam chiite.

Pendant de nombreux siècles, les alaouites ont été les gens les plus faibles, les plus pauvres, les plus campagnards, les plus méprisés de la Syrie.

Capture d’écran 2016-02-16 à 14.36.10En 1970, Hafez El Assad (le ‘papa à Bachar’ – comme on dit à Bruxelles – le président actuel) prend le pouvoir avec son parti, le parti Baas – un parti socialiste, nationaliste et laïc -. Pendant tout son « règne » et puis celui de son fils (46 ans, ce n’est pas rien), il va favoriser la minorité alaouite. Les sunnites vont se sentir opprimés. Cela explique une partie de la haine actuelle de nombreux sunnites envers les alaouites (proches des chiites, pour rappel pour ceux qui ne suivent pas).

 10% de kurdes (2,5 millions)

Les kurdes ne sont pas une grosse minorité en Syrie mais celle-ci est concentrée dans le nord et nord-est de la Syrie, à la frontière turque. (C’est là que je suis partie faire mes portraits d’Arméniens, on en parlera beaucoup. Désolée pour les fans de l’Ouest. J’essayerai d’aller à Alep et/ou Damas en 2016 pour compenser).

– Attention, il y a un piège – Les kurdes forment un groupe ethno-linguistique, même s’ils sont, à 80%, des musulmans sunnites.
Capture d’écran 2016-02-16 à 15.48.47.pngDans les 20% restants, on trouve de tout, mais entre autres, les Yézidis – qui vénèrent le dieu Soleil – dont on en parle beaucoup (même si pas assez) pour l’instant parce que l’État islamique les martyrise. Voir le portrait de Georges où il parle du sordide marché aux esclaves yézidies.

Pour une très grande partie des kurdes, leur identité kurde est plus importante que leur appartenance religieuse. Bien qu’il existe aussi des kurdes islamistes, copains avec les milices islamistes sunnites et des kurdes salafistes djihadistes, copains avec Daech, mais ne compliquons pas les choses.

-Attention second piège – La population kurde est à cheval sur 4 états ; Turquie (14 millions) mais ne le dites pas à Erdogan !, Syrie (2,5 millions), Iran (8 millions) et Irak (6 millions), et rêve (plus ou moins secrètement selon les pays) – assez légitimement à mon avis – d’avoir un État.

Je vous le disais, en Syrie, la minorité kurde est concentrée dans le nord et nord-est. Dans la région du nord-est, appelée  Rojava, ils sont majoritaires et vivent actuellement en quasi autonomie politique de fait. (Comme la Syrie est coupée en plusieurs morceaux par la guerre et que Bachar El Assad a actuellement d’autres chats à fouetter que de se battre avec les kurdes).

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Deux autres zones, au nord et au nord-ouest de la Syrie sont peuplées de kurdes (en orange sur la carte), et leur objectif est de rassembler ces trois territoires. En 2015, la reconquête de Kobané sur l’État islamique leur a permis de réunir l’est à celle du  centre. Leur objectif est maintenant de reprendre à Daech les territoires qui séparent Kobané de la région ouest autour d’Afrin afin d’unifier tout le Kurdistan syrien. Cela ne fait pas du tout plaisir à la Turquie qui est actuellement en train de péter les plombs. Si vous regardez sur la carte, vous verrez que c’est juste à la frontière Turque !

Source de la carte: La Croix.

Le parti principal des kurdes est le PYD (Parti de l’Union démocratique, en kurde). Celui-ci est proche idéologiquement (et copain) du PKK (les indépendantistes kurdes de Turquie). Leur armée s’appelle les YPG.

C88A7436.JPGIssue du marxisme, la vision de PKK/PYD a évolué vers ce qu’ils appellent le « confédéralisme démocratique ». Les concepts-clés en sont : la démocratie (avec le plus de démocratie directe possible), le socialisme, l’écologie et le féminisme. Personnellement, ils me fascinent parce que leur doctrine politique est totalement en décalage avec les autres mouvements politiques de la région (totalitaires, nationalistes/religieux, machistes et polluants).

Malheureusement pour eux, comme une (très) grosse partie des puits de pétrole syriens sont situés dans la région des kurdes, ils vont avoir du mal à prendre leur indépendance. Comme disait Pierre-Mac Orlan : « Le pétrole me paraît être l’odeur la plus parfaite du désespoir humain, si le désespoir humain a une odeur ».

Les combattants kurdes de Syrie, les YPG, se battent contre Daech. Leurs brigades comptent 40% de femmes. Qui bien que très décoratives, ne sont pas du tout là pour faire tapisserie. Ce sont elles qui ont gagné, entre autres, la bataille de Kobané contre l’Etat Islamique. (Et même les peshmergas – les combattants kurdes d’Irak- qui sont assez machos nous ont avoué qu’elles étaient de très bonnes combattantes).

10% de chrétiens

  • 7% de chrétiens arabes (1,8 millions)

C’est à dire, les Syriens de religion grecque catholique, grecque orthodoxe, maronite, etc,… Bref, tous les autres chrétiens qui parlent arabe.

  • 2% d’assyriens (500 000)

IMG_0903Les assyriens ne se considèrent pas arabes, mais mésopotamiens. Ils se disent les chrétiens originels. Ils parlent l’araméen, la langue du Christ. Et, ils parlent évidemment aussi l’arabe sinon, ils seraient un peu perdus dans la région.

En Syrie, j’ai assisté à une très belle messe assyrienne. J’ai envoyé à ma mère, émue, un message qui disait : « Je prie avec les chrétiens du bout du monde ». Elle m’a rappelée à l’ordre immédiatement en disant. « Ma chérie, les chrétiens du bout du monde c’est nous. Les vrais, ce sont eux ! ».

  • 0,8% d’arméniens (160 000)

Je finis par mes préférés évidemment : les arméniens. En 2012, il y avait encore 200 000 Arméniens. Il en reste peut-être la moitié actuellement mais beaucoup – je pense – espèrent revenir quand cela ira mieux…

Je devance votre question : « les chrétiens arabes, ok. Les mésopotamiens, aussi. Mais pourquoi il y en a tant d’arméniens en Syrie? ». Revenons en arrière :

Capture d’écran 2016-02-16 à 15.31.10.pngEn 1080, un peu avant la première croisade, des Arméniens (beaucoup), fuyant l’invasion seldjoukide (tribus nomades venues de la mer d’Aral), ont créé le royaume arménien de Cilicie (qui correspond à une partie de l’Anatolie en Turquie actuelle). Ce royaume chrétien, allié des Croisés, va être indépendant jusqu’en 1375.

En 1375, le royaume sera renversé pas les Mamelouks et puis par les tribus turques mais énormément d’arméniens restèrent là – et dans tout le reste de l’Empire Ottoman – jusqu’au génocide de 1915.

En 1915, lors du génocide arménien, de nombreux survivants arméniens trouvèrent refuge dans toutes les villes syriennes proches de la frontière turque et particulièrement à Alep. Ce qui explique la forte présence d’arméniens en Syrie et au Liban.

Dirik-Messearmenienne.JPGLes arméniens parlent arménien (ça paraît bête mais c’est important) et sont majoritairement des chrétiens orthodoxes apostoliques. Ils ont deux papes (Catholicos). Un à Erevan et un à Beyrouth. Bizarre qu’ils soient orthodoxes et que leurs papes s’appellent Catholicos ? Oui. Bizarre !

Il y a aussi des arméniens catholiques (très chics) et des Arméniens protestants (moins comiques).

Les arméniens d’Arménie et les arméniens de la diaspora (arméniens de la Turquie) ne parlent pas vraiment la même langue. Et oui, les arméniens de l’Empire Ottoman et les arméniens de l’Empire russe ont été séparés pendant mille ans. Mille ans, cela vous change un accent. Il n’y a qu’à voir comment les québécois parlent en seulement 250 ans !

Et enfin, les autres minorités. Il y a aussi en Syrie : 2% de Turkmènes, 2% de Druzes, 1,5% d’autres chiites – donc pas alaouites – (300 000), 0,5% de Tcherkesses, 50 000 russes etc …

Bref, la Syrie, c’est une grande casserole identitaire que Bachar El Assad tenait très fermement avec un couvercle (et son père avant lui), et quand celui-ci a sauté… La guerre civile a commencé.

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Deuxième partie: maintenant que l’on a compris quelles sont les populations qui vivent en Syrie, commençons un petit explicatif de la guerre.

D’abord, parlons de l’Irak (le voisin):

En 2003, une coalition occidentale menée par les USA du président Bush envahit l’Irak (qui soi-disant avait des armes de destruction massive et soutenait Al Qaïda) pour éliminer le parti Baas de Saddam Hussein (qui avait beaucoup de gros défauts (dégoûtants) mais avait un gros avantage, il était laïc. Comme le parti Baas de Syrie). Très rapidement, l’armée irakienne est défaite, Saddam Hussein est capturé et exécuté puis un nouveau gouvernement voulu représentatif est mis en place (avec des chiites, des sunnites, des Kurdes,…). Mais la coalition avait aussi dissout, dans la foulée, l’armée irakienne et les autres organes de sécurité de Saddam Hussein. Grosse erreur ! L’ordre dans le pays ne sera jamais rétabli.

  • On assiste d’abord à une guerre contre le nouveau gouvernement et contre les forces ‘d’occupation’ américaines (qui sont très mal vues).
  • Ensuite ce combat anti-américain/gouvernement va se transformer, sous l’influence d’Al Qaïda, en une horrible guerre civile : chiites contre sunnites. Où bien-sûr les minorités (il y avait beaucoup de chrétiens en Irak aussi) trinquent.PuitsPetrol2

Depuis 2003, la guerre d’Irak a fait environ un million de morts. A retenir : c’est l’enfer en Irak depuis 2003. Et comme les groupes présents dans la population syrienne et irakienne sont similaires, le chaos Irakien va ‘aider’ à la guerre civile en Syrie après 2011.

 

2011 à 2013. De la contestation à l’insurrection armée
En 2011, dans la Syrie de Bachar El Assad (la famille Assad est au pouvoir, avec le parti Baas, depuis 1970, et le pays n’est pas exactement ce que l’on peut appeler une démocratie), dans le contexte du « Printemps arabe » de grandes manifestions pacifiques s’organisent.

Les manifestations demandent la démocratie, une meilleure gestion économique, la fin de la corruption,…

Capture d’écran 2016-02-16 à 16.34.50.pngBachar El Assad les réprime brutalement. Le mouvement de contestation va donc se transformer en rébellion armée… puis en guerre civile. Entre les deux, Bachar El Assad, sous couvert d’une généreuse amnistie, a libéré nombre d’islamistes radicaux de ses prisons pour qu’ils se joignent à l’insurrection, ce qui lui permettra d’illustrer son argument de départ : les rebelles sont des terroristes. Merci Bachar !

Depuis 2013. La guerre civile.

 La rébellion armée a affaibli le gouvernement et cela s’est transformé en guerre civile. Comme de la guerre civile nait le chaos, toutes les communautés que l’on a présentées supra vont prendre les armes et se taper dessus les unes sur les autres. Voici donc les forces en présence actuellement (début 2016) :

  1. Le régime syrien (de Bachar El Assad). Il contrôle une grande partie de l’ouest de la Syrie, la plus peuplée, celle qu’on appelle « la Syrie utile* ». Depuis que la Russie de Poutine est entrée dans le conflit, les forces du régime sont en train de regagner du terrain après avoir failli s’effondrer.
    L’Europe et les USA ne veulent pas les soutenir car ils considèrent que Bachar El Assad a les mains sales. En revanche, le régime est militairement aidé par :
  • Le Hezbollah (la milice chiite libanaise) et des milices islamistes irakiennes et afghanes chiites.
  • L’Iran. Bref, toutes les forces chiites de la région.
  • Et la Russie de Poutine (pour qui, être un dictateur ce n’est pas si grave).
  1. Les nationalistes : L’armée syrienne libre. Constituée au début par des déserteurs de l’armée gouvernementale, c’est le premier mouvement à faire la rébellion contre Bachar en 2011. Si mon fils de 4 ans me demandait qui sont les gentils, je dirais que ce sont eux. Mais je ne suis pas sûre que ce serait la ‘vraie’ vérité.Ce sont des nationalistes arabes laïques. Leur objectif était/est de renverser Bachar et de transformer la Syrie de Bachar en une démocratie.C’est une force importante de 2011 à 2013. Puis, l’armée syrienne libre va être totalement supplantée par les mouvements islamistes.Aujourd’hui, l’armée syrienne libre est (parfois) l’alliée militaire de l’armée de la conquête (Islamistes) contre Bachar El Assad. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont copains.En effet, si le Régime de Bachar El Assad devait tomber, l’armée syrienne libre et les milices islamistes se taperaient dessus immédiatement car ils ne partagent pas du tout la même vision de la société. On pense qu’ils ne représentent plus grand-chose sur le terrain actuellement. Ils sont/étaient armés par les États-Unis, la France, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite.Peshmerga-chretiens3
  2. L’armée de la conquête fondée en mars 2015 regroupe les islamistes sunnites proches des Frères musulmans (on les qualifie parfois de modérés mais je ne pense pas qu’ils soient tellement modérés), les islamistes salafistes (ceux là ne sont pas du tout modérés). En gros ils disent tous que leur objectif est de créer un état islamique (chouèèète) avec la charia comme base du droit (Yèèè) mais que dans cet état, les minorités religieuses et ethniques seraient protégées. Ils sont financés par la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite.
    Et puis, il y a aussi les plus forts du groupe, la Jabhat al-Nosra qui est la succursale locale d’Al Qaïda, des islamistes salafistes djihadistes takfiristes (ça veut dire excommunicateur). Leur différence avec Daech c’est qu’ils veulent établir un émirat islamique en Syrie et pas un califat mondial comme les fous furieux de Racca. Comme ils sont vraiment dangereux, La Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite ne les financent pas (directement). En tant que mouvement djihadiste, Jabhat al-Nosra attire et accueille (comme Daech) beaucoup de combattants étrangers. Les salafistes syriens lui reprochent d’ailleurs son origine étrangère et d’avoir ‘volé’ la révolution syrienne.
  1. Daech. L’Etat islamique. On ne le présente plus évidemment. Mais quelques précisions quand même : Daech (l’acronyme arabe de Dawla al-islamiya fil Iraq wal Sham, l’Etat Islamique en Irak et au Levant) est un état autoproclamé par un groupe sunnite islamiste salafiste (c’est à dire pas modéré du tout) djihadiste (qui prône la violence pour la réalisation des objectifs islamistes et qui attire les combattants étrangers), et takfiriste (« excommunicateur ». Pour eux les chiites sont des hérétiques qu’il faut tuer. Les yézidis sont vus comme des « adorateurs de Satan » et méritent la mort ou l’esclavage. Même les sunnites qui ne sont pas d’accord avec eux sont déclarés « hypocrites et apostats » et donc martyrisés).C’est la seule milice qui a réellement réussi à créer un « état dans l’état » même s’ils ne reconnaissent qu’un seul état dans le monde : le leur. Ça tombe bien parce qu’aucun état dans le monde ne les a reconnus.C88A8061
    Daech est aussi issu d’Al Qaida (comme Jabhat al-Nosra). Mais après que leur chef Abou Bakr al-Baghdadi ait voulu prendre le contrôle total de la Jabhat al-Nosra (Al Qaïda en Syrie), ils ont été désavoués par Ayman al-Zawihiri, le grand chef d’Al Qaïda-Monde qui slalome entre les drones dans les montagnes du Pakistan. Mais al-Baghdadi s’en moque, il s’est proclamé calife en juin 2014, après avoir conquis Mossoul dans le nord de l’Irak. Daech est en guerre avec tous les autres rebelles, avec le régime, avec les kurdes de Syrie et d’Irak, les russes et avec la coalition internationale. Bref, avec tout le monde.L’État Islamique est à cheval entre la Syrie et l’Irak. Ils étaient d’ailleurs très fiers, quand Mossoul (grosse ville en Irak) a été prise et qu’ils ont, de fait, pu supprimer la frontière entre la Syrie et l’Irak, qui avait été créée artificiellement, à la chute de l’Empire Ottoman en 1916, par les anglais et les français,  lors des accords de Sykes -Picots. Ils contrôlent donc deux grosses villes : Raqqa en Syrie – leur capitale – et Mossoul en Irak.
  1. Les YPG, les kurdes de Syrie. Comme l’état syrien tombait en ruine, et que les kurdeYezidis4.JPGs sont géographiquement très isolés (tout à fait à l’opposé de Damas). Les kurdes de Syrie en ont ‘profité’ pour prendre leur autonomie. Depuis novembre 2013, ils ont de fait (mais pas reconnu), un gouvernement autonome au Rojava qui met en pratique sa doctrine du « confédéralisme démocratique » (doctrine du PKK et du UPG) et où les minorités – entre autres chrétiennes – siègent aussi.

 

Voilà, vous êtes tous maintenant des spécialistes du conflit en Syrie. Comme la situation change très vite, il va falloir se tenir au courant (promis je vous aiderai).

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